« Prisons | Page d'accueil | CHANTER L'AMOUR ET FUMER LA VIE »

09 juillet 2007

Les éducateurs de la première prison pour mineurs se mettent en grève le jour de son ouverture

Copie de l'article du monde des 12 et 13 juin 2007 .

 

L'établissement pénitentiaire pour mineur (EPM) a ouvert, lundi 11 juin, à Lavaur (Tarn). Cette prison, sans miradors ni barbelés, est la première du genre en France. Prévue pour recevoir 60 adolescents à partir de 13 ans, elle a reçu ses premiers pensionnaires, une douzaine de jeunes transférés du quartier pour mineurs de la maison d'arrêt de Seysses (Haute-Garonne). Un autre transfert est attendu pour lundi 18 juin.

Dès le premier jour, les éducateurs se sont mis en grève. Les grévistes, soutenus par la CGT et la CFDT, affirment que leur mouvement est reconductible et illimité. Il concerne vingt éducateurs, deux professeurs techniques et un chef de service. Tous sont employés par la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et doivent travailler en binôme avec des surveillants de l'administration pénitentiaire, qui n'ont pas le même droit de grève.

Les grévistes estiment qu'ils manquent de moyens pour mener leur mission. Le travail dans ces nouvelles prisons pour mineurs est très controversé parmi les éducateurs. La FSU, majoritaire chez les éducateurs de la PJJ, condamne le principe même des EPM et ne participe pas au mouvement. Les grévistes, qui précisent qu'ils ne s'opposent pas aux prisons pour mineurs, ne veulent pas être confondus avec des "matons".

L'EPM de Lavaur a recruté vingt-quatre éducateurs. Un chiffre insuffisant, selon la CGT, qui rappelle que l'établissement devait initialement fonctionner avec trente-six éducateurs. La direction de la PJJ fait valoir que l'établissement ne devrait recevoir que quarante mineurs lors de son ouverture.

Le conflit concerne également la rémunération. Les grévistes ont déployé une banderole réclamant de "travailler plus pour gagner plus". "Les pertes de salaire vont de 300 à une centaine d'euros pour une amplitude horaire revue à la hausse pour ceux qui travaillaient en foyer ou en milieu ouvert", explique Bertrand Mappas, secrétaire régional de la CGT à la PJJ. Les grévistes mettent enfin l'accent sur leurs conditions de sécurité. Certains réclameraient d'être armés. Le délégué CGT revendique "une garantie de l'administration pour avoir des systèmes d'alarme".

L'EPM de Lavaur fait partie des sept établissements pour mineurs prévus par la loi de programmation du 9 septembre 2002.

Stéphane Thépot (avec AFP)

 

Ecrire un commentaire