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20 octobre 2008
Romantique.
Arbitrairement, les scènes ci dessous, réelles au possible, se passent en fin d'après midi, ou le soir.
Arbitrairement, cet article va commencer par une vue sur les hauteurs de Lyon, du parc de Fourvières.
La nuit tombe peu à peu, c'est la lune ronde qui se remarque le plus. Sirènes au loin. Fraicheur, point de vue.
Quasi simultanément, les lumières des insectes et de la ruche s'allument, pour basculer le monde en mode nocturne.
Un lien musical avec Chopin, ou mieux, des rhapsodies hongroises de Lizst doit évidement être fait ici.
Revenons à Fourvières . Après quelques temps de marche civilisée, zigzagant à flanc de colline entre marquages au sol étranges ( visitation de la vierge, les mystères, asomption, ...), des maisons, un autel grottesque avec une vierge de lourdes, des petites places, des escaliers en pierre, en bois, des fontaines, à chaque espèce d'étage ses découvertes, et les toits de la ville en perspective.
A un moment donné de ces palabres, une certitude émerge :
" Le monde des morts appartient aux vivants "
(la phrase inverse est toute aussi vraie, use with caution)
Imagine toi marcher dans le parc de la tête d'or , un autre soir . En revenant des espèces de ménageries, en direction de la sortie, tu vois? Le chemin est bordé d'arbres sur la droite et cache la lumière du soir. Lorsque tu dépasses ces arbres, la beauté de la lumière de l'aurore, rose et épaisse , apparaît si soudaine, si violente , qu'il faut que tu t'assoies pendant ces deux ou trois minutes où le temps semble s'être arrêté.
Et que, en silence, tu ressentes cet éclat de soleil mourant comme un ultimatum à la vie : profites , ou meurs .
Imagine toi en train de dévorer une salade géante au bistro autrement, débordante et délicieuse, sur une simple planche de bois, les vieux cinématographes veillant sur nous, formes étranges, aussi mythiques qu'obsolètes.
Comment allait être le Fameux Opus Citizen Kane? L'institut Lumière est un bâtiment type XIXe rénové classe, wall of fame à l'extérieur. Comme si toutes ces personnalités du cinéma qui passent dans cet endroit, pouvaient conférer au lieu une légitimité quelconque, de facto. A l'intérieur, curieux mélange de pierre brute et de verre , avec une exposition en noir et blanc de photos de stars saisissantes. Tout près, un écran plat pulse une rétrospective sur Maitre Kurozawa réduit à des extraits de quinze secondes de ses plus mythiques films, ce qui a bel et bien réussi à détourner l'attention générale. Plus tard, assise dans un siège nommé Stanley Kubrick, j'essaie de trouver le film juste passionnant. Force est d'avouer qu'il est ennuyeux à la fois comme seuls les anciens films savent l'être. Restent les leçons sur l'amour (maternel?), l'argent, le pouvoir, et le jeu des acteurs, Orson Welles en tête.
Imagine toi aller aux arènes romaines du coin en métro-funiculaire. Pressée par cette Russe étrange qui nous donne dix minutes pour visiter la chose. Pressée, ressens le temps a travers ces pierres, comme on en reconnait l'odeur froide, humide et poudreuse entre toutes. Comme on éveille avec des mots et des pensées les boutiques, les habitations et leurs égouts deux fois millénaires pour recréer une vi(ll)e à ce savant entassement de pierres, en effleurant un caillou, imaginant ce geste fait par d'autres, longtemps avant nous, longtemps après nous.
Dans l'ensemble, ça restait très gris. Le ciel, les pierres. Morts.
Imagine ma tête devant la Damme-Des-Billets-Du-Théâtre-L'astrée , lorsque j'observe que la place est gratuite pour les étudiants, et à 6 euros pour les chômeurs. Doux privilège que d'être à l'université : tu as alors accès à la culture à moindres frais.
Quelle putain d'importance pour un chômeur d'aller au théâtre de toute façon? Au vu de la pièce " Le Prince De Hamburg ", franchement : aucune.
La musique "romantique" était dégueulasse, la musique dite De Guerre était pire encore, ça sentait ni le XIXe, ni le recherché. Au niveau sonore, j'ai été impressionnée par la contre performance de Nathalie. Cette femme pense sérieusement que jouer comme Marina Fois, en butant et en insistant sur chaque mot nous fera comprendre mieux le texte. Mais c'est faux , Nathalie Par contre, tes seins, eux, étaient vrais. Est-ce la metteur en scène lesbienne qui te force à mettre ton costume de scène sans rien dessous ? Ou peut-être, est-ce pour contrebalancer avec ton jeu si scolaire ? Reste que tu étais sacrément bien faite, sans parler de ce callipyge ou le tissu se pinçait entre, ainsi que mon coeur.
Imagine toi dans le premier arrondissement, te reposant après avoir fait connaissance avec la spécialité locale des Traboules, ces passages à moitié cachés derrière une porte banale dans n'importe quelle rue banale. Ce sont des escaliers, des corridors, des cours de maisons bourgeoises que l'on traverse, et l'on ressort dans une autre rue, un autre quartier. Dans un bar du coin, merci de faire la connaissance de S. ce jeune homme qui pratique le piano depuis vingt ans, et qui en parait à peine plus. Tombe avec moi un cliché : oui, un mec en jean-baskets-sweat adidas à capuche peut être un musicien hors pair. Pour preuve, sa performance ensuite, dans ce même bar, en duo avec un guitariste , en totale improvisation de jazz, sous l'oeil avisé de cet australien trentenaire de passage , le premier chef d'orchestre que je rencontre, en vrai.
Imagine toi, rencontrer un anglais qui veut repeupler les déserts avec des champignons et une anesse. Deux soulseekers, trois avec moi, pour lui laisser raconter son histoire. Gentil, hein, mais relou. Mais nous sommes supérieurs. Nous les soulseekers. Les gens nous trouvent tellement cools qu'ils s'inscrustent dans notre discussion.
Voila , un cap est passé , on peut écouter Chinese Man , maintenant.
Vu aussi, le Kaptain et sa copine et sa copine. J'ai adoré cette Valentine, qui parle comme la Femme Stupide de Florence Foresti (mais sauf que elle , elle est à la fac, à compter des populations d'amphibiens peut-être), fume joint sur joint, elle est en train de cher-rager* sur un pot de peinture qu'elle tente d'étaler sur un mur, difficilement. Un comble, pour une Valentine de luxe.
Qu'importe, Adeuk aura une boule à facette dans ses toilettes, un jour.
Après ces trépidantes tribulations, j'ai rencontré une dernière personne de soulseek, hier au soir dans le lot-et-garonne, belle et illuminée en dedans. Sa gentillesse n'a d'égal que son rire. Sa flemmardise n'a d'égal que la mienne et en bref : un régal. Je rentre plus verte que jamais, avec deux sacs pleins d'habits pour le petit et l'envie de remettre ça VITE.
ENVIE la sensation de marcher un dimanche matin, mes cadeaux sous les bras, la tête haute, les épaules dehors et le ventre plein, le soleil me réchauffant le dos.
* cher-rager : expression locale = cher+ n'importe quel adjectif , ça marche : cher-laid, cher-lourd . . . et c'est hype.
04:14 Publié dans histoire[s] | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lyon, romantique
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Commentaires
Arbitralement, le coup d'envoi de ce commentaire sera sifflé d'un souffle clair, menton levé, regard en l'air pour que jamais mes yeux ne croisent ceux des contrevenants, des récalcitrants, des victimes vitupérantes ou larmoyantes de mon incroyablement juste, incroyablement impartiale et incroyablement sévère décision. Sévère, mais juste, car c'est ainsi : C'est moi qui ai le sifflet, c'est moi qui ai le sobre maillot noir - ah non, pas ces tutu fluo made in UEFA ou ces macarons but à la mode Thiriez - c'est moi surtout, qui ai lu le règlement. Car je suis seul sur le terrain à savoir lire! Ben oui, les autres c'est des footballeurs. Mais trêve de dégraissage, crevons leur ballon, renvoyons les cher-rager dans leur cher ou leur loire natal, et revenons au sujet.
Ou plutôt non. Car le sujet c'est Lyon et il ne sera pas dit que moi, rubescente rodophyte, j'aurai traîné mon unicellularité transhumante jusqu'en ces terre si peu sapides que même les eaux, lasses, s'y endorment. Ah! Il en eût été autrement si l'on m'y avait convié aux temps cavaliers de Lugdunum la chevelue. Mais il n'y a plus de Gaule, et plus de capitale, non, juste quelques gônes, des titilleurs de balle sans talent et sans âme. Alors non, tant pis pour les quenelles et pour le string ficelle qui m'attendaient là-bas : La question ne sera pas posée, le sujet ne sera pas traité.
Triiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit!
Ecrit par : Rodophyta peregrens | 06 novembre 2008
Tu écris bien, bigre.
Mais je préfère lorsque tu décris tes impressions plutôt que tes sensations (je parle du post sur les orifices).
Pour Citizen Kane j'adhère totalement, je ne comprends pas ces gens qui adulent le film.
Sinon, si je croise ton Don Juan amateur de musique classique et boulimique de jolies filles, je lui pète les dents.
Amitiés chère Bleutée.
Ecrit par : Amateuse de chinchillas | 18 novembre 2008
Tout ceci augure de jolies choses.
Le monde animal vient à ma rescousse mais trêve : Osef.
Son silence me broie le clavier et pire me remet à ma place.
J'écrirai ailleurs, quand j'aurai une idée et le courage de la regarder, de la pondre correctement et d'en assumer les conséquences , et j'essaierai d'etre efficace dans mon sporadisme ( espoiradygme ) .
Algue Perd et grince, amatrice de jolis pelages allergisants, au plaisir de vous lire . ( voire de vivre un concert de yukulélé ensemble )
Ecrit par : Revendeur SPA | 20 novembre 2008

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