En arrivant au Gaumont Labège, on a trouvé l'esplanade promotionnelle du film .
Imaginez
Face à l'entrée avec sa douzaine d'affiches grand format placardée dessus, une allée , avec , tous les vingt mètres de chaque côté du bitume vaguement rougeâtre , des panneaux publicitaires lumineux : l'affiche du film 99 F .
J'en ai compté 12 .
Douze accroches au milieu de ces quelques milliers de pubs ( 3000 ? 300 000 ? ) que je verrai dans toute ma vie .
J'hésite d'abord pour
07h58 ( ? 23h08 ) .
Un coeur invaincu ?
Allez, ne prenons pas de risques , allons voir 99F .
Générique psychédélique et première révélation :
Ce film parle de drogue .
Ce film est un film publicitaire.
Ce film est plein de références : vieilles publicités devenues mythiques visionnées par le narrateur comme de vieux films , pop corn à l'appui , avec un mec derrière lui , que l'on reverra plus tard comme l'interné psy. , " le meilleur des mondes , vive la pétrochimie française , fight club et ses descriptions d'objets à la Ikéa .
Ce film est cruel . Cohabitation de la réflexion mercantile putrescente avec sa conséquence mortelle : Nous .
Nous , emplis de doutes , de pensées forcées , forcément malsaines .
Quid de la fidélité de l'adaptation cinématographique par rapport au livre ?
= Pas Lu =
Dommage ?
Vous étiez prévenus : la première scène dit tout : c'est aussi un délire d'ado attardé et onaniste .
Corps de femmes , seins de femmes , culs de femmes, bouches de femmes .
Et presqu'autant du côté des excroissances .
Douce image de la jouissance : " Toi t'es vraiment un salope "
Merci Beigbeder , merci Kounen , vraiment pour cette leçon d'amour .
Je pourrais m'arrêter à ce rejet très - second degré -
Mais Ian Kounen fait mieux .
Beaucoup mieux: il nous fait comprendre le si inutile besoin de l'objet commercial : Acheter pour vendre, vendre pour acheter .
Les enchaînements sont parfois un pur délice , comme cette fausse fin : quel bonheur de voir tous ces crétins dans la salle commencer à se lever , alors qu'on en arrive à un nouveau chapitre .
Le film est divisé ainsi : JE TU IL ELLE NOUS VOUS ILS , nouveau produit , nouveaux fantasmes.
Cependant , je n'ai aucun souvenir du " vous " .
Volonté du cinéaste ? Inattention de ma part ou ratage de l'auteur si préoccupé par sa dissertation qu'il en oublie son public ?
Cette quête du vrai s'entremêle de trips divers et variés , exode par l'artificiel d'un manque crée par les artifices eux mêmes ( sisi ) .
Choc des situations , choc des idées véhiculées , ce produit , à la fois si surréaliste et matérialiste, et si réel .
Une seule chose est sûre : si la publicité a toujours plus d'avenir , démonstration en est faite de sa cruauté .
"
La recette totale des publicités à travers le monde est d'environ 500 milliards de francs ( ? ) par an .
D'après l'ONU , si l'on octroyait seulement 10 % de cette somme , on pourrait réduire la faim dans le monde de moitié .
"